10 de abril de 2006

Las aristas de la duda.




Demoledora la última película de André Techiné, "le temps qui changent", mal traducida en español como "Otros tiempos". Quizá no para afirmar que sea una obra maestra, pero sí el trabajo de un grandísimo realizador, que sabe mirar con un prisma muy personal, y que sigue sabiendo cómo remover en el espectador los mecanismos sutiles del equilibrio de la vida.
Ésta es una película de perdedores. Una película en la que vemos pasar una serie de personajes que viven sus existencias con cierto conformismo. Existencias que pese a no ser juzgadas en ningún momento (Téchiné sabe exponer muy bien desde un objetivo carente de todo moralismo) arrastran las consecuencias ciertamente amargas de decisiones vitales dudosas, que les han hecho dejar aparentes posibilidades de felicidad al margen de sus vidas. El dúo Depardieu-Deneuve es simplemente perfecto. Pocos actores podrían hacer creíble un personaje como este Antoine que ha dedicado su vida a rumiar un amor truncado hasta que se vuelve a encontrar con él en condiciones de aparente igualdad. Catherine Deneuve es una inflexibe y fría Cécile que, sin embargo, expone sus grietas a través de unas miradas que la historia del cine bien puede agradecerle. Esos instantes en los que nos enfrentamos a la mirada entre inquietante y desoladora de la Deneuve, sentimos con dureza esa (que imaginamos) enorme dificultad de mantener la coherencia de una decisión que la ha inmerso en una exsistencia a la que no quiere mirar de frente, pero que sin duda la tortura. No se queda atrás Gilbert Melki, en un personaje que traza con pocas pero intensas e impecables apariciones. De nuevo el tema de la homosexualidad desde la ocultación, tan presente en el cine del director francés, nos deja en este caso un personaje profundamente incoherente, aunque sin fisuras aparentes.
La historia que nos cuenta Téchiné va engarzándose con esa habitual dureza de cámara, con esos planos torcidos, desenfocados a veces, quebrando continuamente el ritmo de la narración en un valiente ejercicio de poca amabilidad, que nunca deja a la belleza desplegarse, que la recorta siempre con lo feo, con la sordidez, con la suciedad. Así, el escenario de Tánger, ya usado por él para otras películas, se convierte en un reflejo de esa forma de narrar, ciudad de profundos contrastes donde la infinita belleza del blanco recortándose sobre el océano se ve asaltado por la miseria, la suciedad, el hipermercado destartalado o un McDonalds impostado. Donde un bosque frondoso, escenario de una de las pocas escenas románticas de la película, se ve roto por la presencia de los que aguardan en una situación precaria y miserable la salida en patera hacia España. Téchiné es un inconformista y se aleja de todo cliché a la hora de desarrollar estos personajes que en muy pocos momentos del metraje llegamos a comprender, pero que en sus pasiones no nos dejan indiferentes. Los personajes secundarios componen una galería de seres complejos, heridos, dependientes, desconfiados, todos difíciles, que aumentan ese sentimiento inquietante que tan bien sabe dibujar el director de "roseaux sauvages"
La posibilidad de cambiar la vida, de retomar decisiones equivocadas planea todo el tiempo sobre los personajes, los atraviesa y nos permite vislumbrar dentro de ellos atisbos de sinceridad, pero la mayoría del tiempo, la turbiedad de las intenciones nos incomoda y nos deja un sabor amargo en la boca. Las lluvias del final del verano traerán algo de transparencia por fin a las historias, y Téchiné, afortunadamente, se deja a sí mismo filmar un guiño a la esperanza que se agradece bastante en una película como esta, sin por supuesto desempañar del todo ese suave vértigo de la incomprensión que domina toda la historia. Téchiné de nuevo nos desafía, y, como siempre, gana él.

5 comentarios:

Hades dijo...

Película inteligente aunque pase de puntillas por aspectos en los que, personalmente, yo hubiera deseado otros enfoques (las gemelas, la bisexualidad o, sobre todo, el pasado de ambos, del que no se dan siquiera matices con los que reconstruir su historia).
El guiño final, no puedo evitarlo, no me lo creo, me desentona con la dureza de la historia.
Pese a todo, la inteligencia de la propuesta (como todo en Techiné) y las miradas de la Deneuve (inmensa como sabe serlo cuando le gusta un personaje) valen por toda la película...

Vulcano Lover dijo...

Bueno, es que eso es Téchiné... Hay demasiadas cosas en la película como para desarrollarlas todas. A mí la falta de datos de la relación de ellos no me importa... En el fondo, Téchiné deja que el eespectador haga la película a su medida... Cada cual que sienta lo que crea. Hay pequeñas frases, casi imperceptibles que, sin embargo, dicen mucho. Yo el guiño final tampoco me lo creo: Téchiné, de todas formas, me parece que lo hace sin abandonar ese tono amargo que domina la película. Ese escenario difícil y de contrastes de Tanger me sigue embriagando en sus baños de belleza y sordidez, en su agridulce cadencia... Pero sí, la mirada de la Deneuve queda sobre toda la pelicula, sobrecogiéndonos...

inquilino dijo...

Bueno, qué bien. Después de la "desaparición cibernética" de Cinephilus echaba de menos que alguien continuara con las críticas cinematográficas. Anoto la recomendación ;-)

Vulcano Lover dijo...

He encontrado esta crítica en internet, que he encontrado muy interesante, auqnue está en francés, pero que ilustra bien la película.

PROCHE

"- Je ne sais même plus pourquoi on est venu là..."

Le titre est cruel. Car si les temps changent, les corps et les visages aussi. Pourtant le film, profondément "téchinien", flirtant avec Truffaut, est une ode au mouvement, que l'on nage, que l'on marche : tout le monde bouge. Et dès qu'il y a immobilisme, les ennuis, les soucis l'emportent. Une jambe mordue, une attente assise trop longue, la visite d'un trou dans un chantier, un embouteillage causent davantage de troubles que tous les déplacement à travers Tanger.
Téchiné a réalisé un de ses meilleurs films (et aussi son plus laid). Peut-être. Car le film est en constante évolution, séquence après séquence, sans que l'on sache précisément vers quels rivages il va nous amener. Inégal serait plus juste comme qualificatif. Le films nous bouscule comme un grand huit, sans jamais nous endormir. Cependant, quelques épisodes nous laissent sur notre faim. Le scénario montre ses forces comme ses faiblesses, à l'instar des deux personnages principaux. Sans peur.
Téchiné a sans doute voulu explorer trop de pistes, et les a malmenées au profit - louable - du rythme. Il bâcle ainsi le double personnages de Lubna Azabal, trop caricatural, et qui nous détourne de notre centre d'intérêt pour pas grand chose. Il a été mieux inspiré dans ses films passés quand il s'agissait d'homosexualité inavouée. La relation, ici, n'a rien à voir avec la beauté lyrique à laquelle il nous avait habitué. Elle est sèche, dénuée de sensualité, presque vide de sens même. Ces personnages secondaires, factices, sont pourtant bien interprétés - Malik Zidi a toujours cette élégance innocente magnifique. Le défaut est davantage dans l'écriture. Leur histoire véhicule trop de clichés, n'est pas assez creusée. Pire elle dérape ou s'offre des raccourcis qui révèlent à quel point ils sont secondaires.
Plus intéressant, mais tout aussi malhabile, le décor de ce suspens romantique. Tanger - déjà filmée dans Loin - théâtre économique ou socio-politique, sert d'expérience cinématographique avec un extrait de film d'entreprise, un montage presque expérimental et hallucinatoire (le chantier), des échanges sur le Maroc contemporain, les enjeux stratégiques, ou encore un regard pudiquement documentariste. Ce mélange des genres est fascinant. Il ancre le film dans son époque, dans cet étrange exil qui permet de déraciner l'universalité du propos. Car finalement Tanger regardant l'Espagne en chien de faïence, l'observant de loin, attirée par ce lien historique, n'est-ce pas Deneuve se refusant à Depardieu, territoire familier, mais séparée par une mer dangereuse...?
Car ne nous le cachons pas, ce Téchiné n'est pas comme les autres. D'abord il retrouve son amie Deneuve. Il l'avait transformée il y a 24 ans dans Hôtel des Amériques. On retrouve ici cette lourdeur du passé, cette mélancolie, mais aussi la passion du Lieu du crime, la famille et les engueulades de Ma Saison préférée, le jeu de chat et de souris des Voleurs. Les temps qui changent est un film dans la continuité de leur relation cinématographique. C'est aussi la première fois où Téchiné ne nous surprend pas avec son actrice "fétiche". Nous avons cette impression bizarre d'avoir déjà vu Deneuve dans chacune de ces/ses scènes. Mais voilà, la grande Catherine frôle la perfection. Pas forcément magnifiée (le regard dans la glace est cruel, mieux vaut éteindre la lumière avant l'étreinte), elle paraît plus naturelle que dans le jeu. Il faut s'attarder sur ce regard stupéfait quand elle revoit pour la première fois, par inadvertance, son premier grand amour. Impeccable quand elle vire virilement Depardieu de son bureau ou qu'elle encaisse les reproches, énervée ou diplomate, la Deneuve est chez elle, devant la caméra. D'ailleurs, même en arrière plan, elle est au centre de l'image, et notre oeil fuyant, ne voit qu'elle. Car même loin, elle est proche.
Si le débit rapide de sa parole contraste avec une certaine lenteur "deneuvienne", il est plus surprenant de retrouver Depardieu. Presque silencieux, lunaire, rêveur, adolescent, cet Antoine a la candeur des romantiques. Depuis 12 ans, nous ne l'avions pas vu aussi convaincant, aussi juste. Il apporte une légèreté et une belle émotion au film. Dans ce monde de routine et de réalité, il apparaît comme un extra-terrestre. C'est là le premier miracle du film : la résurrection de l'acteur de Barocco.
Mais ce coup-ci il n'a plus Adjani en face de lui. Il revoie Deneuve, pour la sixième fois, après 16 ans d'absence et leur Drôle d'endroit pour une rencontre. Ici un supermarché à Tanger. Outre le plaisir du cinéphile, la jubilation à les revoir ensemble, il faut noter l'évidence de ce mariage celluloïdale. Lui féminin comme jamais. Elle masculine comme toujours. Et Téchiné de jouer avec notre subconscient, nos souvenirs et de placer une photo en noir et blanc, période Dernier Métro, où le couple est heureux, jeune et beau. Mais les temps ont changé, et les ont changés. cette maturité leur sied bien. Et Téchiné sait la capter merveilleusement. Le vrai sortilège est dans sa caméra. Après tant de films où leurs amours s'avéraient impossibles ou contrariés, il va assouvir le fantasme du spectateur. Comme toujours, il fait monter la sauce, les sentiments s'entrechoquent et la passion l'emporte sur la raison. L'amour sur la vie et ses carcans. Cette liberté n'a jamais été aussi présente. Loin de Paris et du star-système, il y a deux comédiens qui gardent pour eux le secret qui les lient à nous : leur emprise sur notre plaisir. Car, ce film séduisant, fluide, emballant, mais irrégulier, nous enchante. Nous sommes sous le charme. Finalement, tout ne change pas.

(Vincy)

inquilino dijo...

Hubo un tiempo en que tendría que haber recurrido a cierta persona para que me la tradujese, tu sais ;-)